Un Palestinien armé a fait irruption jeudi soir dans une école talmudique à Jérusalem puis a ouvert le feu sur des élèves en train d'étudier dans la bibliothèque. Au moins huit personnes ont été tuées et neuf autres blessées avant que l'assaillant ne soit abattu, selon la police et des secouristes. Il s'agit du premier attentat de cette ampleur commis par un militant palestinien à Jérusalem en plus de quatre ans.Au Liban, la chaîne de télévision satellite Al-Manar du Hezbollah a affirmé qu'un groupe jusqu'à présent inconnu baptisé "Les martyrs d'Imad Moughniyeh et Gaza" avait revendiqué la responsabilité de l'attentat à Jérusalem. Imad Moughniyeh était le chef des opérations militaires du Hezbollah. Il a été tué le 12 février dans l'explosion d'une voiture piégée à Damas, attribuée par le mouvement chiite à Israël. Des manifestations de joie ont éclaté dans la Bande de Gaza à l'annonce de cet attentat condamné par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mais salué par le Hamas.
Les violences de la journée de jeudi, également marquée par une embuscade meurtrière visant une patrouille de Tsahal près de la frontière d'Israël avec la Bande de Gaza, risquent de compliquer les tentatives de l'Egypte -appuyées par Washington- d'obtenir une trêve entre l'Etat juif et les militants palestiniens.L'attentat perpétré à la nuit tombée a visé la yeshiva Mercaz Harav dans le quartier de Kyriat Moshe à l'entrée de Jérusalem. L'école a été fondée par feu le rabbin Tzvi Yehuda Hacohen Kook. De nombreuses ambulances et des centaines de policiers ont été envoyés sur place. D'après Micky Rosenfeld, un porte-parole de la police, l'assaillant a franchi la porte principale du séminaire et fait irruption dans la bibliothèque, où quelque 80 personnes étaient rassemblées selon des témoins. Il était armé d'un fusil d'assaut et d'un pistolet. Le porte-parole a également précisé que la police était à la recherche d'une ceinture d'explosifs.
Deux heures après l'attentat, la police a découvert le corps d'une huitième victime. Des secouristes ont fait état de neuf blessés, dont trois graves. Mark Regev, porte-parole du gouvernement, a vivement condamné l'attentat, parlant de "massacre". "Il est manifeste que ces personnes célébrant ce carnage" sont "non seulement les ennemis d'Israël mais de toute l'humanité", a-t-il dit. Il a ajouté que le gouvernement palestinien devait prendre des mesures contre les extrémistes, et ne pas se contenter de condamner leurs attentats. D'après des responsables des services de défense israéliens s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'auteur de l'attentat était un Palestinien de Jérusalem est.
Yehuda Meshi Zahav, chef des services de secours de Zaka, a confié que le sol de la bibliothèque, où il est entré après les tirs, était jonché de livres recouverts de sang. Un élève, Yitzhak Dadon, a expliqué qu'il avait tiré sur l'assaillant deux fois, et l'avait neutralisé. D'après lui, un soldat a ensuite abattu l'homme armé.
Après l'attentat, des centaines d'élèves ont manifesté devant l'école, criant vengeance et scandant "A mort les arabes".
Le maire de Jérusalem Uri Lupolianski a parlé d'une soirée "très triste" pour la ville. Le ministère israélien des Affaires étrangères a condamné un attentat "abominable" et exhorté la communauté internationale à faire front contre le terrorisme.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a condamné l'attentat et tous ceux "qui visent des civils, qu'ils soient palestiniens ou israéliens", selon un communiqué diffusé par son bureau. En revanche, le Hamas, qui contrôle la Bande de Gaza depuis juin, a salué l'attentat, que des milliers de personnes ont célébré dans l'étroit territoire côtier. "Nous bénissons l'opération (de Jérusalem). Ce ne sera pas la dernière", a déclaré le Mouvement de la résistance islamique.
L'attentat intervient alors que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a convaincu Mahmoud Abbas de reprendre les discussions de paix avec Israël. Il a été commis le jour même où des responsables égyptiens tentaient de jouer les médiateurs en vue d'aboutir à une trêve entre les militants palestiniens et Israël.
A Washington, le président américain George Bush s'est entretenu avec le Premier ministre Ehud Olmert et a condamné dans un communiqué un attentat "barbare" visant des "étudiants innocents".
Condoleezza Rice a quant à elle exprimé ses condoléances à la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni. "Les Etats-Unis condamnent l'acte" de terrorisme de ce soir, a-t-elle dit. "Aucune cause" ne pourrait "justifier" cet acte, selon elle.
La France a elle aussi condamné "avec la plus grande fermeté l'horrible attentat", qui est "aussi un attentat contre la paix", tout en appelant "à la poursuite de la négociation en vue de la création d'un Etat palestinien vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël", par la voix de son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Il s'agit du premier attentat de cette ampleur commis par des Palestiniens à Jérusalem depuis qu'un kamikaze a tué huit personnes dans un attentat-suicide le 22 février 2004.
Latribune.fr




















Photos: Panet.co.il
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